Peuple de Gaulle,
Ce soir, je rentrais du travail. Car oui : en dépit d'un si faible niveau de revenus que ma banquière me croit chômeur (en fin de droit), oui : j'ai un travail.
Pour me détendre, donc, je reprends : je me saisis de ma tablette.
Amusant : cette phrase, un asyrien ou un sumérien aurait peut-être pû la dire : "je me saisis de ma tablette " il y a quelques paquets d'siècles, en rentrant en métro-chameau de Babylone, se saisissant d'un stylet et d'une tablette d'argile, au coin du feu, pendant que bobonne prépare la tambouille (coutume persistant de nos jours, il faut bien se l"avouer, chez quelques arriérés qui tiennent plus - si vous voulez mon avis et même si vous n'en voulez pas - de l'homme préhisto a tendance "dialogue par la massue" que du génial inventeur sumérien de l'écriture, fut-elle cunéiforme.
Mais passons le cuni car là n'est pas le propos.
Je rentre, je tabletise, donc, et après un coup d'oeil circulaire sur ma vie socialo-numérique (encore qu'ils ne sont pas tous de gauche sur (mon) fessebouc), je décide d'aller m'enquérir de la pression du monde, de la température annale de la démocratie solidement échauffée par la pression qu'y exerce la pression financière et DU Reste.... Bref, j'ouvre l'appli "Le Monde" (rien moins : ils ont fait fort avec ce titre de livre quotidien)
Et je tombe sur cette page :
Et je me dis (et je me redis de tous ses desseins que n'ai-je...)
Tiens ! Elle a changé Laure manaudou !! Et je termine mon clope dont je jette le mégot fumant sur une moumoute innocente, passant par là et par malchance pour elle quelques mètres en contrebas, car pour ne pas nous sentir trop près du peuple piéton ou motorisé nous avons choisi l'élévation d'un quotidien que nous voulons mystique : bref, on habite en étage.
Tiens ! Elle a changé Laure Manaudou!!
Et je partage cette information surprenante avec ma compagne. Elle sourit.
Et puis, je me dit que j'ai (un foie deux reins) un blog prêt à recueillir ce genre d'instant de Voltige, en en saisissant tous les petits bonheurs cachés qui font le charme de ces idées qui nous viennent d'une étoile et se déroule en vent, le temps de la comprendre, parfois même de l'apprendre tell'ment qu'c"est joli s'que t'écris ...
J'ai donc eu l'idée de ce billet sur lequel vous usez vos respirations à vous relire, tandis que moi, j'expire en écrivant ...
À propos : nous sommes allés voir les Têtes Raides hier soir à la Laverie Moderne de Paris. Lieu délicieux, n'ayez pas peur des pauvres en traversant la Goutte d'Or pour vous y rendre, là-bas, un peu plus haut que Saint-bernard...
Nouveau spectacle, des lectures, des poésies, des noms qui résonnent en y pensant, pendant ... Des goûts et des couleurs dont on retrouve les souvenirs, des découvertes et des chemins ardus, exigeants aussi. Retrouver une vieille connaissance, Hocine ... Discuter avec ma moitié qui les connait (les Têtes, faut suivre) depuis près de 25 ans et y vibre donc en coeur. C'est simple : c'est un voyage, une claque exigeante qui vous récompense de vos efforts : ils sont là, ils sont beaux ; Tous les mots. Les mots des poètes, pensées aux frères éteints... Petites alouettes et coups sur l'étain d'un couvercle de poubelle en ferraille qui sent la ville de 1900 à 60 ... c'est intense, c'est dense, mais ça sait respirer, faire sourire, glisser le clin d'oeil dans un morceau de guitare qui commence en Ré, et que je pense avoir été le premier à reconnaitre, et sans doute le seul à murmurer en choeur des 100 que nous étions... J'ai reconnu quelques textes. De nombreuses pépites inconnues m'ont éclairé et vont toucher de ma vie dans mes lectures prochaines, et tout le reste de mes silences ... Écrire c'est facile - quoi que - mais alors, dire des poésies, frôler le chant, donner l'offrande, révéler la saveur et la puissance de mots. Voix et texte sont charpentés. Le Diseur Christian sait le restituer. Il sait rendre leurs respirations aux poètes. Et tous ensemble, sur scène, batteur, contrebassiste, trombone, saxophone/Accordéon, Violonniste, violoncelliste, guitariste et conteur chanteur ... Tous ensemble, tous les 8, font aux mots des écrins et des partenaires, des plumes qui portent le vent ... Rien de filmé, rien d'autre qu'à nous graver au fer tendre dans les chaleurs de l'intérieur, un moment rare. Un moment comme en en fait plus, un moment comme on en fait peu : un moment, vivant. Un moment de lumières aussi. En coeur de Poésie, pays imaginaires dont nous sommes citoyens, autant que du monde "y'a pas de pays si tu le veux prends le mien". Et Paris était beau ce mardi soir, 9 avril 2013, où nous étions ...
Merci à eux* ... Et à Lautréamont, Desnos, Présert, Artaud ou Genet...
* Et puis il y eut Ginette, aveuglante et conclusive
Je vous laisse atterrir. Et reprends mon histoire.
J'me dirige donc vers l'écran en couleur doté d'un clavier pour y glisser ces quelques mots.
Mais avant, par acquit de conscience (ce que les Têtes Raides nommeraient "le doute poétique", si elles y avaient pensé avant moi ...) je suis allé sur le site du Monde. Non, je ne suis pas sorti pour aller au siège du journal. J'ai utilisé mon navigateur, brother ! (humour anglais)
Et là, fâcheux, cette copie d'écran que je vous livre nue, froide et brutale :
La même photo d'illustration ...
Et alors ? C'est bien ce que je dis, elle a changé, Laure Manaudou !! CQFD
#jdcjdr (je dis cela, je dis rien, comme disent les raboteurs de gazouillis...
(épi le stagiaire aux photos, au Monde, vous devriez z'y acheter des lunettes. Et un peu de culture aquatique. Mais pas un maillot profilé : c'est interdit par le règlement).
Bonjour chez vous !
AnT, de chez Smith en face
xxx
PS : Vendredi, banlieues bleus !
Et pour les Têtes c'est ici (même si le présentateur est
ridicule) et là. Bon voyages...







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