Chers voyeurs écrans-spectateurs,
Je vais réserver le billet de ce jour aux voyants. Les aveugles peuvent donc retourner bien sagement à leur collection d'images pieuses en braille,
Une recommandation qui vaut tout autant pour les oracles, qu'ils soient mâles, femelles ou incertains dans leurs préférences
ménagères.
voilà.
Ça, c'est fait.
Venons-en à présent s'il vous plaît aux faits qui suscitent mon agacement du moment.
Avez-vous remarqué, depuis quelques années déjà, l'ostensible prolifération de guirlandes lumineuses, d'un goût le plus souvent aussi attristant qu’est probable la victoire de Samothrace*(1) d'un candidat populiste aux prochaines élections
télévisées ?
Ces racoleuses « maisons de noël » qui nous polluent parfois jusqu'à Pâques le champ visuel, qu'il soit urbain ou rural, de leurs frénétiques clignotements d'automates
hémiplégiques.
Pollution visuelle qui n'est pas sans rappeler, parfois, le beuglement analphabète d'un candidat malheureux à un télé-crochet nous souillant l'auditif*(2) comme d’autres externés de la loupiote nous dégomment par surprise l'oculaire.
Notez qu'il n’est ni aisé, ni recommandé de fermer les yeux en conduisant quand on croise un troupeau de « maisons de noël » branchées sur le secteur, à 187 km/h sur une petite route de campagne.
Je le sais : j'ai essayé. J'ai failli, tout comme un saule de 1947, ne pas m'en remettre. Imaginez. Si en plus, en cet instant même votre autoradio, sadique et provocateur, glisse sur la
fréquence d'NRJ comme d'autres dans une fiente canine molle... Cauchemar !
Vous l'aurez compris, la multiplication ces dernières années des « maisons de noël » me navre presque autant que l’inexistence de dieu..
Mais cette pollution constatée n'est pas réellement ma plus vive inquiétude.
Non.
Nous pouvons avec la pertinence toute gauloise d'une belle objectivité prospective qui n’appartient qu’à nous, français et que le monde consumé de jalousie nous envie, imaginer les futures
trouvailles ludico-festives des services mercatiques*(3) des sous-fifres à la solde
d'E.D.F.
Et quelles idées trouverions-vous, si seulement vous osiez brain-stormer en mon orageuse compagnie ? M'est avis que nous parviendrions à deux idées premières. Au moins, et pour commencer : les
limites du mauvais goût humain étant moins facile à cerner que le prix d'un homme politique au Conseil Général des Hauts-de-Seine, nous en trouverions sans doute d'autres en poursuivant nos
recherches.
Sachant que l'homme entretien son imagination sagouine en deux domaines distincts et complémentaires de prédilection (son intérieur, son extérieur), il nous serait alors loisible de prospecter
vers deux directions : son transit intestinal et son outil de violence quotidienne préféré, le plus souvent motorisé.
Imaginons donc, pour commencer, la lunette des toilettes (je prie les Turcs de bien vouloir excuser cette négation de leur intimité). Nous parlerons ensuite, vous l’aurez
compris*(4) « voiture ».
A quand donc, les « toilettes de noël » à guirlandes lumineuses incorporées, pour chauffer les cuisses blafardes des plus dégénérés des imbéciles hivernaux de nos
contrées, chrétiennes par accident l'histoire et nucléaires par l'état électrique ?
Vous les devinez d'ici, ces invitations toutes fières qu’ils lanceront, les cuistres, à leurs amis copains
congénères, pour venir visiter après la cathédrâle en allumettes à monter soi-même leur bibliothèque assise, gorgée de catalogues ikéa, des trois moutons et de télé 7 gastro ?
Et puisque la bêtise ne se complaît pas que dans l'intimité souillée d'une pièce d'eau et d'aisance, ne vous semble-t-il pas prévisible qu'un crétin bariolé, probablement en short et tongues
dépareillées, mette un jour en pratique cette idée incongrue que j’envisage ici : la « voiture de Noël » ?
Avec des gruilandes qui clignotent au rythme alternatif des ballonnements intestinaux, entre un passage de ricard ordinaire et une pizza de contrebande, au carrefour d’un œsophage aussi aléatoire
qu’omnivore ?
Ne laissons pas les calandres de nos berlines achetées à crédit ressembler un jour une nuit à cela :
Françaises, français : méfiez-vous !
Les toilettes de Noël, et les voitures enguirlandées sont aux portes de notre avenir !
Prenez garde !
Ou bien, avec moi, agissez !
Éteignons les centrales nucléaires, et reprenons en main nos pelles et nos mines de charbon.
En plus de prévenir le mauvais goût à la source, ce serait le retour du plein emploi ?
Qui dit mieux ?
Bonsoir Bonjour chez vous...
AnT, de chez Smith en face, Cassandre au pays des lumières
Xxx
*(1)
*(2) quand on a bien sûr pas eu auparavant la présence d'esprit de couper dans un réflexe salvateur la radio FM ta gueule pour en
éviter les sinistres flots décérébrant.
*(3) mot administratif contemporain inventé par les sévices services de l'état, un jour de désoeuvrement ordinaire,
pour vérifier si, parfois, leur incompétence lexicale se remarque. La réponse étant, on en conviendra : « oui » (et moi je songe grâce à cette phrase à revendiquer l'héritage poujadiste, mais je ne suis pas le seul).
*(4) je l’espère …
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Les folies sont les seules choses qu'on ne regrette jamais.
[ Danny Oscar Wilde ]
Il y aurait actuellement 32488 cellules cancéreuses dans votre corps,
dont 8 qui viennent de se réveiller... Mauvaise nouvelle, nope ?
Aristarques