
Chers voyeurs écrans-spectateurs.
Je vais aujourd'hui vous démontrer, et par l'exemple comme il se doit, pourquoi les billets, ça ne pousse pas dans les arbres. Non.
La scène, fort anodine au départ, se déroula hier : jeudi 7 septembre 2006 de la calendaire christique.
Je me rendis alors au pressing, pour y déposer un pull marine (sans toucher le moindre poil adjanien droit d’auteur, soit écrit en passant) récemment souillé.
La discussion avec la vendeuse, une quinquagénaire ordinaire à pétulance de centre commercial, s'engage. Sur de forts bons augures je dois dire écrire, puisqu'elle me signala un bijou oublié sur le vêtement par la Belle Humaine qui me le confiait peu avant.
Au moment de régler : une consultation expresse de mon porte monnaie révéla la triste vérité : mon solde était insuffisant, j'en étais réduit à me faire les poches, comme le premier pickpocket victime de la maladie d’Alzheimer venu.
Palpation de poche donc, et billet de 20 sous la main : je suis sauvé du ridicule consumériste qu’éprouve parfois les pauvres qui souhaitent acheter au dessus de leurs petits moyens.!
Je tends donc le précieux sésame monétaire vers l’aspirante rombière à chapeau, qui ne portait alors pas de chapeau, quand soudain, tandis que je m'apprêtais à m'en mutiler dépouiller séparer : le dit billet, encore plié mais manifestement bien réveillé, sauta*(1) sans crier « gare*(2) ! » de mes mains, dans en la direction précise de la dame (qui n'était pourtant pas si désirable, je vous assure).
Elle le rattrape... assez facilement (alors qu'on devine qu'elle n'était pas, en sa désormais lointaine jeunesse, la preum’s en sport du lycée).
Elle de sourire, et, toute fière, d’improviser dans un éclair de lucidité malicieuse exceptionnel en ce plein milieu d'après-midi de centre commercial, cette affirmation délicieusement saugrenue :
« Il est vivant ! » Puis de me rendre la monnaie, dans la grâce inespérée d'un sourire sincère.
Et moi de répondre, sans tactique, du tac au tac :
« Faudrait que j'en trouve un autre, pour qu'ils puissent se reproduire ! »
Des fois, j'ai de jolies idées, moi.
Vous ne trouvez pas ?
Et puis... C'est presque la preuve que les pièces, ce n’est pas la peine de les planter : ça ne pousse pas ! Non plus que les billets ne tombent des arbres, non !!
Non.
La vérité, je vais, moi simple contribuable, vous la dire, nue :
Les billets, ils niquent dans les bosquets des jardins de la banque de France. C'est pour cela que les murs en sont hauts : c'est pour préserver la morale et nos vos les enfants.
Je sais, de plus, que ces pauvres bêtes, elles fatiguent en ce moment, comme chez leur congénères humains : les billets mâles ne peuvent aujourd'hui plus suivre les cadences sexuelles infernales imposées par les femelles. Et ils baissent leurs petits bras de billets de banque, en lieu et place de leur boxer de marque. Et ils se reproduisent moins, accessoirement.
Et après, on s'étonne de manquer de blé, d'oseille ...
C’est que, les billets de banques, ils sont occupés à monter dans les arbres pour échapper aux femelles. Donc, les billets, ils ne poussent pas dans les arbres : ils se cachent et se reposent !
CQFD.
Bonjour chez vous…
xxx
PS : Suite à l'article d'hier, les plaintes de Messieurs jaques Brel, Miles Davis, et Joe Strummer sont jugées recevables : ils sont pour moi d'authentiques références.
En revanche, les allégations de monsieur Douste-Blazy (A.K.A. « Le con d'orsay » ou « Mickey d'Orsay »), ainsi que celles de Jean-Gabriel Leroy de la Raie : sont déclarées infondées : je ne les considère donc pas comme constitutifs de mon être.
Remerciements :
G., par courriel, ce 8 septembre 2006
« Hourra pour le retour d’Inédire ! Pour les chats dans les réfrigérateurs, les araignées au plafond, et les clés à molettes qui décorent les aquariums… Et merci pour les sourires que ces nouvelles chroniques suscitent. »
Merci......
*(1) Je ne sais encore aujourd'hui, avec exactitude, si l'argent me brule mes p'tits doigts de pyromane, ce qui est vrai, ou si j'avais de l'argent sale à faire blanchir par la chafouine commerçante, ce qui est faux
*(2) ni « train ! » ni même « pony express ! »
Aristarques