Dimanche 18 juin 2006
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23:08
Par AnT, de chez Smith en face
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Publié dans : Tumultes
Chers voyeurs écrans spectateurs,
Le dix-huit juin évoque chez moi, hors de toute intimité dont je me vois mal exhiber le souvenir ici, trois réminiscences dont deux sont pourtant fort peu glorieuses.
La première, c’est la défaite de Waterloo qui engendra durablement, outre un mépris poli pour Grouchy, cette devise que nous sommes quelques-uns à entretenir et honorer : « faire chier, d'accord, mais faire chier les Anglais, d'abord ».
En second, il y a bien sûr les œuvres radiophoniques du nationaliste lillois, et sa pelle son « appel du 18 juin ».
Enfin, je confesse (quel mot curieux) qu’il m’est arrivé de penser, dans ces terribles moments de disette cérébrale mâtinés de désespoirs compulsifs fortement liés à la lecture intensive de l’Almanach Vermot, en certains 18 joint juin, à « Doc Gyneco ». Allez savoir pourquoi : une homonymie facile, peut-être ?.
Mais là n’est pas le sujet dont je voulais vous entretenir ce jour. Non
Ces considérations dilatoires ne font que m’éloigner du cœur de mon sujet, à savoir la narration circonstanciée d’un récent souvenir royal.
Ainsi, il y a quelque temps, nous dînions avec Elizabeth, à Buckingham.
C'était peu avant qu'elle ne rétablisse, sur mes judicieuses suggestions pourtant non suggestives, le droit de cuissage.
Je coupe sans tarder court à toute interprétation antipatriotique : non, je ne collaborais pas. Non. Je cherchais simplement à mieux connaître l’ennemi, pour plus parfaitement, ainsi qu’il se doit, le combattre, l’abattre, et venger la mémoire de nos soldats humiliés en Belgique.
Le souper se déroulait toutefois, paisiblement digestif, quand soudain survint l'accident bête : ma serviette, pourtant délicatement nouée autour du cou dans le plus pur style de nos amis Bidochons (j'avais d'ailleurs emprunté à Dominique de Villepin la chemise « Deschiens » qui allait avec), vint s'enrouler dans mon entrejambe, et coincer mon testicule droit, que j'ai par malheur fort sensible.
Je jurais alors, d’une voix de stentor et ainsi que vous vous en doutez, tout à mon animalité comme blessée, mon blasphème favori : « putain d'bordel de dieu de merde, chié !! », avant de dégager nonchalamment, malgré l’urgence et l'assistance soudain silencieuse, la couille emprisonnée, tout en sifflotant une Marseillaise de circonstance histoire de faire diversion.
Elizabeth, qui siégeait de tout son royal séant sur le trône qui me faisait face, dit alors, avec toute cette simplicité qu'on lui envie jusqu'au trottoirs de Chazal Ghaza, je cite et dans le plus parfait français : « honni soit qui mal y pense ».
Ayant abandonné à mesure que s’affinait avec le temps mon hétérosexualité si peu aventurière le port de la jarretière, je me suis levé en guise de protestation, ostensiblement vexé, pour, vengeur, me diriger vers les toilettes de Buckingham, et y dessiner d'un doigt rageur (mais plein de sauce anglaise), un bicorne*(1) stylisé.
Je suis ensuite revenu, juste à temps pour saucer l’assiette du prince William et lui demander dans un anglais parfait si lui aussi, attendait avec impatience la mort de sa grand-mère ?
Il ne répondit point, mais je devinais au regard langoureux qu’il adressa à son amant, qu’il lorgnait déjà quelques tenues de la vielle.
Les anglais, ce ne sont décidemment pas des gens comme nous.
Bonjour chez nous vous !
AnT, de chez Smith en face, du chanel n°5
xxx
*(1) A mes yeux, faire cela à Buckingham : « ça c’est Palace ! ».
Aristarques