Lundi 30 janvier 2006 1 30 /01 /Jan /2006 00:00

Par AnT, de chez Smith en face - Publié dans : Intimités

Jolie vue Normande, depuis une tombe familliale :-/ 

"Inédire"  est désormais dédié à la mémoire de Roger DESJARDINS (9 mars 1932 - 30 janvier 2006).

Mon (notre) papa.

 

La gaudriole reprendra sa place après le deuil.

Merci de votre attention.

 

 

AnToine GUICHARD-DESJARDINS (de chez Smith & Desjardins, en face)

xxx


Roger Desjardins.

Oraison. du vendredi 3 février 2006.

Mon papa il est beau,

Mon papa il est grand,

Mon papa il est fort.

Il est beau, il est grand, il est fort et je l’aimerai toujours !


(Non) nous ne verrons plus la démarche sautillante de ce petit homme rondouillard.
"Les morts ne sont pas des absents, ils sont des invisibles".
Bien sûr nous allons cesser de parler, de dialoguer, d’échanger…
Nous allons "cesser de parler, mais ce n’est pas le silence".


Tu disais toujours que tu voulais construire une cathédrale…
Je ne sais si cette idée t’aurait plu, mais nous allons essayer de la bâtir…
Et si c’était nous tous ici, rassemblés en ta mémoire… Ta cathédrale !!??


Tu as semé…
Nous essayerons de germer.
Unis dans la douleur bien sûr … Mais unis dans l’Amour surtout ; de cet Amour véritable que tu  n’as eu de cesse de chercher.
"La lumière luit dans les ténèbres et les ténèbres de l’ont point vu" !


Comme beaucoup d’hommes tu savais donner… Et plus difficilement recevoir !
D’une époque où l’on exprimait pas ses sentiments … Tu n’en étais pas moins d’une sensibilité exacerbée, à fleur de peau.
Tu ne disais pas « je t’aime »… Mais tu le montrais.

Fier de Nous, tes enfants… Tu avais les yeux qui pétillaient de nos succès, se meurtrissaient de nos petits soucis… Et s’effrayaient de ne pouvoir porter nos douleurs.
Tu voulais le meilleur pour nous… à nous de donner le meilleur pour Toi.

Et puis je me souviens de ce moment il y a quelques années… Ou presque en t’excusant tu es venu frapper à la porte de mon bureau :
- Je peux te voir ?
- Bien sûr entre, assied toi !
Tu t’es assis.
Comme un client.
Et moi, comme un imbécile, je suis resté derrière mon bureau.
Celui que tu m’avais donné
Celui que ta mère t’avait offert…
Et là, tu m’as exposé ton problème, avant de me demander conseil…
Tu passais le relai !
Ce soir là j’ai été très fier : mon papa me demandait conseil…


Quand je repense à tes yeux malicieux, je réalise le bon tour que tu m’avais joué…

A moi !
A nous tes Fils,
Ta Famille,
Tes Frères,
Tes Amis d’être à la hauteur.

De porter plus haut, plus loin, plus fort les idéaux qui t’animaient !

Dimanche soir au cours de notre dernier échange, très diminué, même si tu restais stoïque dans la douleur, et regardant ton corps, tes perfusions, tu m’as dis avec un regard désespéré :

« Pourquoi ? Pourquoi tout ça ? »

Tu voulais partir …
Et tes derniers mots qui résonnent dans ma mémoire :
« Près du Bon Dieu… Bien au chaud ! »

Il était l’heure et tu le savais.
Tu n’avais plus la force… La force de vivre… De combattre les maux qui te rongeaient.
Il est advenu ce que tu voulais : Tu as été exaucé.

Un dernier repas, des derniers sourires...

Je t’Aime !
Je t’Aime et je suis fier de Toi.
Fier de ces valeurs que tu m’as transmises.

Le sens du don, le respect de l’autre, du plus puissant au plus humble…
L’humilité.
La futilité.
Le sens du travail et du travail bien fait,
Le bonheur partagé.
Les anecdotes de ton enfance.

En fait, je crois que Tu as réussis… Peut-être pas grand-chose, mais cela : tu nous as donné "des racines et des ailes".
Tu nous laisses, bien sûr estourdis mais le choc est rude.

Estourbis, mais Unis.

Unis autour de Maman à qui je promets, en mon nom mais aussi au nom de François-Xavier et d’AnToine, d’honorer ta mémoire.
Peut-être ne serais-je pas aussi exemplaire que toi… Mais tu as mis la barre un peu haute !
Enfin j’essayerai, nous essayerons !!

Je me rappelle aussi ta volonté d’écrire.
D’écrire un livre.
Il y avait tellement de souvenirs que tu ne voulais pas emporter dans ta tombe !
Malheureusement la mort ne t’en a pas laissé le temps.

Je croyais que tu n’avais rien écris, mais nous avons retrouvé ces premiers mots, cette première phrase :
« Tout a basculé le 30 septembre 1950, à midi. Mon père venait de rendre le dernier soupir et je ne mesurai pas le vide laissé par cela. Homme hors du commun, travailleurs acharné ».

Tel père, tel fils !!
« Homme hors du commun » et « travailleur acharné » voilà bien deux mots qui te définissent, aussi.
Nous avons quand même eu beaucoup de chance.
Beaucoup de chance de t’avoir comme père.
Homme de métier, tu avais le coup de maillet et de ciseau très sûr.
Bien sûr nous sommes plus hésitants, mais nous connaissons le geste…
Reste pour nous à nous aguerrir encore. Nous aguerrir encore pour essayer de faire en sorte que l’élève dépasse le maitre. Que les fils dépassent le père. Pour qu’enfin les pierres bien polies s’insinuent parfaitement dans l’édifice.

Il était beau.


Il était grand

.
Il était fort.


C’était mon papa, et je l’aimerai toujours ! 

 

 

J’ai dit. 

 

Christophe DESJARDINS.


En attendant, d'autres possibles mots ...

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Inedire est dédié à la mémoire de Roger Desjardins   


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